
Préface de Jacques Heers.
L’auteur évoque les grands moments d’une entreprise qui vise à la domination du monde, et d’une menace dont la victoire des Latins à Lépante nous a, pour un temps, délivrés. Il en analyse les ressorts, les implications sociales et évoque les heurts de civilisations nés de ces agressions. Des rives du Tigre et de l’Euphrate à Vienne et à Poitiers, c’est parler de l’esclavage, des rapts, des caravanes de captifs, des bagnes et des sérails, et présenter de cette "culture musulmane" donnée encore en exemple par certains, un visage non plus correct ou conforme, mais plus proche du vrai.
Du même auteur
Petit Guide du Coran
Le Coran contre la République
L’islam démasqué
Ce que la presse en dit
Écrits de Paris, n° 696, mars 2007
Fantastique leçon d’histoire et de géographie que ce livre de Laurent Lagartempe. C’est tout notre passé occidental qui est expliqué ici. Premier rappel : ce passé fut d’abord méditerranéen - Sumer, Babylone, puis Alexandrie, Rome, Constantinople, mais aussi Antioche, Carthage. Attaquant ce Croissant Fertile peuplé de sédentaires producteurs, des prédateurs nomades venant du Nord et du Sud anéantissent momentanément ou définitivement leurs richesses.
Bien sûr, certains assimilent la culture des autochtones : c’est le cas des Germains, des goths et des Ostrogoths, des Francs et des Vikings qui rangent leurs armes et se civilisent. Clovis se convertit au christianisme. Au cyclone de l’invasion répond un anticyclone culturel. Mais dans le cas des invasions du Sud, le processus est inverse.
L’auteur de ces pages lumineuses est ingénieur agronome et il a travaillé longtemps en Afrique du Nord. Il explique infiniment de choses par l’héritage grec. « Cette humanité se définissait comme celle qui mange le grain de Déméter par opposition à ceux des sombres forêts danubiennes, mangeurs de glands, les barbares. » Laurent Lagartempe réjouira Petrus Agricola en rappelant les scènes du retour d’Ulysse ; son père, Laerte, est occupé à fumer son verger et son fils, Télémaque, affairé aux soins du troupeau. « En agriculture comme à la guerre, l’homme grec trouve sa joie de vivre dans tout acte où ses forces physiques et morales se trouvent directement engagées. »
L’auteur rappelle aussi combien Tunis, l’ancienne Carthage, fut florissante, dès avant les Romains puis au temps de saint Augustin. Les invasions nomades venues du sud-est entraînent une modification radicale du paysage par l’état de dhimmitude imposé aux populations, par l’impôt anéantissant les efforts de culture, impôts financiers mais aussi humains ; les populations des royaumes africains entre autres ont été razziées par les guerriers musulmans. La guerre perpétuelle exigée par le djihad épuise enfin toutes les réserves d’or.
Ce livre préfacé par Jacques Heers, auteur des Barbaresques : la course et la guerre en Méditerranée, cite abondamment cette étude ainsi que Philippe Conrad et son Histoire de la Reconquête. Mare Nostrum n’aura plus de secrets pour vous et les possibilités d’essor du sud de la Méditerranée sont clairement exposées. Ou ses riverains reviennent à la production principalement agricole sur des terres affranchies et la population pourra se nourrir et se développer, ou ils feront toujours partie du tiers monde.
Anne Brassié
Présent, 25 mars 2005
Un livre d’une brûlante actualité
Préfacier du livre de Laurent Lagartempe, Jacques Heers écrit : « Nos manuels, livres et journaux nous parlent bien évidemment de la conquête “arabe”, en fait musulmane, des tout premiers temps. Le plus souvent, ils s’en tiennent là, et pour la suite, n’évoquent que les ors et les sagesses de la civilisation dans les États islamiques d’Orient ou d’Espagne, pays des “trois cultures”. Ils ne manquent jamais de nous rappeler, maniant l’erreur et l’amalgame, de nous dire tout ce que nous devons à ces musulmans qui, en somme, nous auraient tout appris. Renverser ces tabous est, bien sûr, se lancer dans l’aventure. »
Se lancer dans l’aventure, ce n’est pas ce qui fait peur à Laurent Lagartempe, auteur précédemment d’un indispensable Petit guide du Coran (Éditions de Paris, 2003). Et toute l’intelligence de Lagartempe - et c’est en cela que son livre est d’une brûlante actualité - est de retracer l’histoire de ces conquêtes non pas comme un accident de l’Histoire mais comme une constante.
L’islam est une entreprise qui vise à la domination du monde. Et si la victoire de Lépante nous a - pour un temps - délivrés de cette menace endémique, nous sommes entrés désormais dans une période de re-conquête musulmane d’autant plus menaçante que les États européens, qui ne sont plus chrétiens que de souvenir, semblent subjugués, hypnotisés, désarmés et déjà prêts à toutes les dhimmitudes.
L’Histoire des Barbaresques est celle d’un long et persistant tsunami contre la chrétienté : invasions du Moyen-Orient (et disparition des chrétiens de ces régions), invasions du Maghreb (et disparition de la berbérité romaine), invasion de l’Espagne (et sept siècles d’occupation), ravages de la Gaule (Septimanie, Aquitaine, Provence, martyrisées pendant cinq siècles), ravages en Méditerranée occidentale (la Corse martyrisée pendant cinq siècles, la Sardaigne pendant trois siècles, l’Italie pendant trois siècles, etc.), saignées esclavagistes de l’Occident chrétien et de l’Afrique noire, etc.
Au bilan, un millénaire de guerres islamiques contre les empires et autres États chrétiens... On lira avec intérêt le chapitre intitulé « Dix leçons géo-anthropologiques ». Avec, tout particulièrement, la dixième leçon : « L’imprégnation coranique explique tout. » Rappelant que tous les Arabes ne sont pas musulmans et que tous les musulmans ne sont pas arabes, Lagartempe écrit : « Quel pourrait bien être le véritable fondement du sentiment d’identité collective et d’unité émotive des musulmans, sinon le Coran ! »
À se fier au seul titre de l’ouvrage, Histoire des Barbaresques, le lecteur un peu pressé pourrait penser que l’auteur ne nous parle que d’hier. Il aurait tort. Lagartempe nous parle d’aujourd’hui. Et, si nous ne réagissons pas très vite, de demain...
Alain Sanders
Renaissance catholique, n° 88, août-octobre 2005
Les barbaresques, ce sont ces pirates musulmans qui, pendant dix siècles, ont écumé la Méditerranée et ses rives à la recherche du butin et, plus encore, d’esclaves chrétiens. Laurent Lagartempe a entrepris d’écrire leur histoire, mais son dessein est en fait beaucoup plus vaste.
Pour le suivre, il faut remonter à l’époque paléolithique, celle de la pierre taillée où les petites communautés humaines vivaient de la cueillette et de la chasse. Une chasse qui a pu entraîner certaines d’entres elles, en période post-glaciaire, à poursuivre les rennes à travers l’Europe et l’Asie.
Le néolithique (la pierre polie) voit la naissance de l’agriculture. Dès lors, une partie des hommes, dans des zones favorables, se fixent à demeure sur leurs champs, puis créent peu à peu des villes et des États. On voit ainsi naître des civilisations en Mésopotamie et en Égypte. Des civilisations qui, enrichies de l’apport grec, gagneront tout le pourtour de la Méditerranée.
D’autres hommes ont conservé l’ancien mode de vie, fort amélioré, il est vrai, par la découverte de l’élevage. Ces peuples, devenus nomades à la recherche de pâturages, peuples que Lagartempe appelle les “prédateurs”, ne cesseront pas d’attaquer, pour s’approprier leurs richesses, les peuples stabilisés que l’auteur appelle les “producteurs”.
C’est dans l’esprit de ces prédateurs que les musulmans envahiront des parties de l’Asie, de l’Afrique et de l’Europe. Leurs prédations dureront mille ans (à supposer que cette période soit terminée). Elles leur auront été facilitées, voire ordonnées, par l’islam dont Lagartempe montre les aspects destructeurs et totalitaires.
Daniel Raffard de Brienne
L’Homme nouveau, n° 1347, 5 juin 2005
L’étude des comportements humains et de leur évolution peut être très instructeur pour l’avenir. Ainsi, la sédentarisation progressive des populations, le développement de l’agriculture témoignent d’une certaine richesse du pourtour méditerranéen. Pourquoi donc certains de ces pays sont-ils dépourvus aujourd’hui de cette richesse qui semblait acquise dès les premier siècles de notre ère ? La venue de prédateurs, dont la seule volonté semblait de vivre aux dépens des producteurs en détruisant jusqu’aux sources mêmes des richesse, a été la cause de cette catastrophe que l’on pourrait comparer à une véritable cyclone. Face au cyclone de l’islam, l’anti-cyclone du monde chrétien a tenté de réagir et a pu sauvegarder certaines régions. Mais malheureusement, le mal a été fait pour bien d’autres.
Dans un essai instructif sur l’aspect profondément nocif de l’islam et de son enseignement, l’auteur, habitué du monde musulman, nous laisse tirer les conséquences qui pourraient survenir si une réaction semblable à celle des premières croisades n’advient pas rapidement.
A.C.
Minute, 15 juin 2005
La grande régression méditerranéenne
Laurent Lagartempe a l’esprit clair. Il va d’un trait à l’essentiel, ce qui lui permet d’en remontrer, sans coups férir, à bien des spécialistes patentés. Les sujets difficiles l’attirent. Alors que de savants historiens restent engoncés dans leur science comme des jeunes gens mal dégrossis dans leurs blazers à boutons dorés, lui se lance, sans peur mais aussi sans reproche, dans une recomposition historique audacieuse des origines de l’islam. Son Guide pratique du Coran était déjà un modèle du genre. L’ouvrage devrait être conseillé à tous ceux qui veulent savoir ce qu’il y a dans le livre sacré des Arabes, sans jamais oser le demander tout haut. Lagartempe vient de rééditer sa performance d’écrivain avec une synthèse sur l’histoire des Barbaresques, ces pirates qui ont terrorisé la Méditerranée pendant des siècles pour le compte de l’islam. Je me suis étonné en constatant que la préface de l’ouvrage était signée Jacques Heers, alors même que cet éminent professeur en Sorbonne a récemment signé lui-même un livre sur le même sujet, dont nos lecteurs ont entendu parler. Mais il ne s’agit pas d’une redite : le travail de Heers, descriptif, est purement factuel ; Lagartempe le cite largement. Mais ici c’est à une géopolitique de la Méditerranée qu’il nous convie. Notre auteur jette, non sans audace, un regard très “braudélien” sur la longue durée, en identifiant les grandes étapes de l’histoire tumultueuse de ce lac romain qui devint un lac chrétien pendant les sept premiers siècles de notre ère. Il voit deux millénaires, traversés par une coupure sombre, “la grande affliction”, ce martyrologe qu’il détaille, événement après événement, et qui correspond à l’islamisation de la partie sud du vieux Lac romain. La chronologie brute, dans sa sécheresse, est ici plus éloquente qu’un long discours. L’extraordinaire expansion de l’islam a brutalement créé deux rivages antagonistes. Et cet antagonisme, Lagartempe, qui n’a pas peur des mots, le caractérise comme « une grande régression ». il voit l’islam comme « flambeur de civilisation » faisant justice, par exemple du mythe de l’Andalousie et de sa soi-disant tolérance. Approfondissant son raisonnement, il dénonce « l’archaïsme islamiste » qui fait régresser l’homme de l’état de producteur à celui de prédateur, comme si la grande révolution néolithique n’avait pas eu lieu. Évoquant les Croisades, ce choc des cultures qui fut tellement fécond pour l’Occident, il explique : « Cet épisode aurait pu aussi bien profiter aux populations du Moyen-Orient, si les royaumes islamiques avaient repris les modèles productifs ancestraux. Mais lorsqu’une classe dirigeante exogène prend l’habitude en premier lieu de vivre sur le butin du pays conquis (fey), puis, lorsque le butin se fait rare, sur le racket de la classe laborieuse (dhimmitude), le processus de paupérisation est inexorablement engagé. »
Joël Prieur


