Sétif, mai 1945 : massacres en Algérie
Sétif, mai 1945 : massacres en Algérie
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VETILLARD Roger
Prix : 39 euros
ISBN 978-2-85162-213-6
Parution : Janvier 2008
Description : 592 pages
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Ce qui est survenu en Algérie dans la région de Sétif a-t-il été une rébellion, un soulèvement populaire, une jacquerie, un massacre, des faits de guerre ou des crimes contre l’humanité ?

Roger Vétillard, né à Sétif, a consulté les archives françaises, algériennes, helvétiques et anglo-saxonnes, rencontré des témoins et des acteurs français, algériens, civils et militaires de ces journées, et il livre les résultats d’une enquête longue de 7 ans, et donne parfois, sans parti pris, plusieurs versions des faits.

Il insiste sur le contexte politique, économique, national, international et religieux. Ses conclusions ne concordent pas toujours avec l’historiographie officielle algérienne et française. C’est ainsi que l’estimation du nombre de victimes de la répression qui a suivi les attentats contre le Européens, le rôle des différentes factions politiques et religieuses, celui des autorités civiles et militaires, l’implication des milices civiles et celle des puissances étrangères sont analysées en détail.

Médecin spécialiste à Toulouse, Roger Vétillard apporte de nombreux documents et témoignages inédits permettant une réflexion pour porter sur cette période un diagnostic historique aussi objectif que possible.

Dans la presse

La Dépêche du Midi, 11 avril 2008
Roger Vétillard, médecin spécialiste à Toulouse, engagé dans la vie de la commune dont il est depuis des années adjoint au maire, vient de publier aux Éditions de Paris un livre intitulé Sétif, mai 1945 : massacres en Algérie. Né à Sétif où il a vécu 17 ans avant l’indépendance, il a gardé en mémoire les souvenirs de son enfance. Il vient de publier une étude détaillée, critique et précise sur les événements de Mai 1945 qui se sont déroulés dans la région de Sétif et qui ont fait de nombreuses victimes parmi les musulmans en révolte, les Européens, les indigènes francophiles et l’armée française. Cet épisode donne lieu à des controverses médiatiques en Algérie et en France, sur l’estimation du nombre des victimes de la répression qui a suivi les attentats contre les Européens. Roger Vétillard a consulté les archives françaises, algériennes, helvétiques et anglo-saxonnes, rencontré témoins et acteurs civils et militaires de ces journées. Il livre les résultats d’une enquête longue de 7 ans et donne sans parti pris plusieurs versions des faits, insiste sur le contexte politique, économique et religieux de l’époque. Les rôles des différentes factions politiques et religieuses, des autorités civiles et militaires, l’implication des milices civiles et des puissances étrangères, sont analysés en détail. Ce livre apporte de nombreux documents et témoignages inédits, permettant une réflexion pour porter sur cette période un diagnostic historique aussi objectif que possible. Ce livre intéressera les passionnés d’histoire, les anciens combattants et les rapatriés d’Algérie...

Minute, 9 avril 2008
Massacres de Sétif, ce n’est pas un détail !

Roger Vétillard est médecin. Il s’est penché sur les massacres de Sétif et Guelma, exaspéré par l’instrumentalisation dont se trouve régulièrement faire l’objet cet épisode noir de l’histoire de la colonisation de l’Algérie. Est-ce son métier d’origine qui le rend méticuleux ? Est-ce un mystérieux effet de la logique des noms qui le pousse à peser chaque détail de manière parfaitement vétilleuse ? Son livre en tout cas est une somme. L’événement est tourné et retourné dans tous les sens. Des témoins oculaires sont interrogés. Les sources littéraires compulsées. Au bout de 600 pages, Roger Vétillard peut dire, en grand honnête homme qu’il est : « La synthèse de ces documents et déclarations me permet de raconter ce qui s’est passé avec un faible coefficient d’erreur. » De quoi s’agit-il ?
Alors que vient d’être proclamée la fin de la guerre, le 8 mai 1945, une manifestation musulmane est organisée à Sétif dans le Constantinois. Malgré les engagements pris par les organisateurs, des drapeaux algériens jaillissent et des slogans indépendantistes fusent. Le sous-préfet Butterlin, un métropolitain récemment nommé pour remplacer des administrateurs locaux qui ont été épurés, ordonne d’arrêter la manifestation. « Il va y avoir de la bagarre », promet-il. Il ne croyait pas si bien dire. En réponse des cris fusent, en arabe : « Ektelhou, edhebou » (« Tuez ! Égorgez !). Les quelques éléments de la police présents doivent rapidement battre en retraite. Et la chasse aux européens commence. C’est une petite fille de huit ans, Arlette Nacache, qui est tuée la première.
Vétillard établit clairement la préméditation de ce coup par les indépendantistes (alors que deux jours plus tôt, on avait tenté de faire échapper Messali Hadj, le leader indépendantiste, qui sera évacué sur Brazzaville). Il souligne l’ambiguïté entre guerre d’indépendance politique et djihad, guerre religieuse. Il pointe le manque d’expérience des fonctionnaires récemment nommés par le gouvernement provisoire et le manque d’effectifs de la police et de l’armée, alors que toutes les jeunes classes d’âge sont encore en Allemagne. La répression, trop tardive, sera terrible.
Plusieurs historiens algériens, suite à une évaluation de l’ambassade américaine (qui, sur le moment, joue bien sûr en faveur des indépendantistes) parlent de 45.000 morts. On évoque des actes de barbarie, commis par les soldats. Vétillard, conformément d’ailleurs à un chiffre qui tend aujourd’hui à s’imposer parle de 7000 à 10.000 morts. La répression aura duré trois semaines, couverte encore par l’atmosphère de guerre. Messali Hadj, fondateur du Parti populaire algérien, est traité, ainsi que ses séides, de collaborateurs, à cause des liens qu’il a entretenus avec l’Allemagne nazie. Le préfet gaulliste Yves Chataigneau qualifie les rebelles de « meneurs hitlériens ». De fait, les slogans antisémites (« Tuez les Français et les Juifs ») fleurissent parmi les manifestants.
Mais ils crient aussi « Vive la démocratie et les alliés » : l’ambassade des États-Unis a contribué d’une manière ou d’une autre à les armer. Les musulmans attendent le soutien des Américains.
Lorsque le 27 février 2005, notre ambassadeur à Alger parlera d’« une tragédie inexcusable », il faut bien reconnaître la pauvreté de son vocabulaire.
Assurément injustifiable, la tragédie de Sétif était hélas dans l’air du temps... qui en connut beaucoup d’autres. Ce qui, en tout cas, est inexcusable, note Vétillard, c’est que la IVe République n’ait pas été capable de recevoir ce massacre comme un signal fort pour faire cesser l’immobilisme en Algérie... Neuf ans après Sétif et Guelma, c’est la Toussaint rouge.
Joël Prieur

Le blog de Jean Monneret

Monde et vie, n°791, 23 février 2008
Le 8 mai 1945, l’annonce de l’Armistice mettant fin à la Deuxième Guerre mondiale donna lieu, en Algérie comme ailleurs, à des manifestations pour célébrer l’événement.
Dans la région de Sétif-Guelma, à l’ouest du Constantinois et en zone de peuplement kabyle — fief politique à l’époque de Ferhat Abbas — elles dégénèrent en un début d’insurrection musulmane. Une centaine d’européens furent massacrés et de nombreux autres blessés avant que les autorités locales ne parviennent à reprendre la situation en main, au prix de plusieurs jours de véritables combats dans le bled. Le nombre des musulmans qui y trouvèrent la mort n’a jamais été connu avec précision, les estimations les plus sérieuses étant de l’ordre de 2000 à 3000 victimes dont les musulmans francophiles massacrés de ce fait par leurs coreligionnaires.
On sait aujourd’hui que ce drame avait été préparé par les partis nationalistes algériens qui entendaient profiter de la fin de la guerre pour poser le problème de l’indépendance algérienne aux alliés anglo-américains, à l’occasion de la conférence de San Francisco. Toutefois, mal conçu, mal préparé, annulé pour partie au dernier moment, le soulèvement, qui aurait dû embraser l’Algérie, se limita à l’insurrection de la région de Sétif et resta donc mort-né.
Mais a posteriori, lorsque survinrent dix ans plus tard les « événements » du 1er novembre 1954, et plus encore de nos jours même, les Massacres de Sétif prirent une signification symbolique issue du FLN, appuyés en l’espèce par certains historiens « progressistes » français. Ainsi naquit la légende d’un « crime contre l’humanité » où des européens racistes provoquèrent d’innocentes populations musulmanes pour tuer dans l’œuf le nationalisme algérien au prix de 45000 morts !
Les événements de Sétif firent en particulier l’objet d’une exploitation de grand style par le pouvoir algérien lors des années 1980-1990 pour contrer l’insurrection kabyle, dénoncée comme un mouvement du « parti profrançais ». Ils demeurent depuis lors une sorte d’étendard brandi contre la France et prétexte à exiger de celle-ci une « repentance » qui ferait bien l’affaire du pouvoir FLN tyrannique et corrompu.
Il était donc nécessaire de mettre une fois pour toutes le dossier de Sétif à plat à partir de la nombreuse documentation qui, au cours des années, avait pu être réunie. C’est le remarquable travail accompli par Roger Vétillard qui éclaire et étudie le drame sous tous ses aspects, permettant de la ramener à ses tristes mais justes proportions. On ne saurait donc trop recommander la lecture de l’ouvrage de Roger Vétillard qui remet une fois pour toutes les pendules à l’heure... À une heure où précisément on tente de les dérégler afin de culpabiliser le peuple français pour mieux l’exploiter et l’asservir.
Yves Amiot

Jean Monneret dit de ce livre :

Nous sommes devant un travail d’histoire et il est excellent. Roger Vétillard débute en la matière, mais, par un indéniable coup de maître car il a la passion des vrais chercheurs pour la vérification, ce qui les distingue des idéologues. Bravo ! Alors oui, lisons, achetons, faisons connaître ce livre qui est un don inespéré, une grâce inattendue dans ce système médiatique et informatif verrouillé. C’est aussi une arme intellectuelle de premier choix. Ne la laissons pas au vestiaire.

Sétif, Mai 1945. Massacres en Algérie
Sétif, Mai 1945. Massacres en Algérie

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