Le captif
Le captif
image1
CERVANTES
Prix : 14 €
ISBN 2-85162-066-5
Parution : 2005
Description : 130 pages
Collection : Classiques
spacer
Version bilingue espagnol-français. Préface de Jacques HEERS.

Le captif, récit de la vie dans le bagne d’Alger et de l’heureuse délivrance d’un capitaine espagnol victime de la guerre ottomane. C’est l’une des deux nouvelles insérées, de façon à vrai dire tout à fait artificielle, par Cervantès au moment même où, en 1605, il mettait la dernière main à son œuvre.

Ses souvenirs du bagne, la misère des hommes esclaves, la brutalité du sinistre tyran Hassan Pacha, corsaire, maître d’Alger, renégat vénitien qui fut lui-même esclave à Tripoli avant de passer au service des Turcs, tout se retrouve dans le récit, très sincère, nullement affecté de complaisances, du captif. Mais, ici, la fuite vers la liberté, aventures assez romanesques pour tenir l’attention en éveil, ne reflètent en aucune façon ce qu’à vécu Cervantès.

Ce que la presse en dit

Minute, 15 février 2006
[...] Ce qui reste accessible aux simples curieux est ce long fragment de Don Quichotte. [...] Préfacé par Jacques Heers, un spécialiste de la traite des Blancs en Afrique du Nord du Moyen Âge aux Temps modernes, ce petit texte garde en français le primesaut de l’original espagnol. Une agréable lecture pour de bien sombres perspectives sur l’histoire commune de l’Europe et de l’Afrique.
J.P.

Présent, 19 janvier 2006
Vous connaissez tous, bien sûr, Cervantès auteur d’un des livres majeurs de la littérature mondiale, Don Quichotte. Mais Cervantès, c’est bien plus que Cervantès. Et d’abord un grand aventurier qui fut esclave des chiourmes barbaresques d’Alger de 1575 à 1580.
Une terrible expérience dont il a tiré un roman, Le Captif, qui fut intégré dans Don Quichotte et que les Éditions de Paris viennent d’éditer en version bilingue (avec une préface de Jacques Heers). C’est un récit largement autobiographique si l’on en excepte la fin qui, par le biais d’une évasion réussie, est la transfiguration romanesque de la réalité.
Miguel de Cervantès est né en 1574 à Alcala de Henarès. En 1569, il est au service du cardinal napolitain Acquaviva à Rome. Soldat, par la suite, il sera de toutes les campagnes d’Italie et en première ligne dans la défense de Chypre contre les Turcs en 1570. L’année d’après, à Lépante, il est blessé de deux coups d’arquebuse dans la poitrine et perd l’usage de la main gauche. Ce qui ne l’empêchera pas d’être des combats de Tunis, de Naples et de Palerme en 1573.
En 1575, alors qu’il est avec son frère, Rodrigo, sur la goélette El Sol en route vers l’Espagne, il est capturé - devant les Saintes-Maries-de-la-Mer - par des Barbaresques ottomans d’Alger. Tombé en esclavage, aux mains de Hassan Pacha (un renégat italien), il tentera plusieurs fois de s’échapper mais sera repris chaque fois. Et réduit, aux côtés de milliers d’autres esclaves chrétiens -mais de cet esclavage-là, on n’en parle pas - à la pire des misères. Le héros du Captif n’a pas vécu les évasions manquées de Cervantès et ne fut pas racheté, comme ce fut le cas pour lui, par des religieux de l’ordre des Trinitaires.
« Que Cervantès ait cédé aux goûts du jour et répondu aux attentes d’un public qui, malgré la guerre contre les Turcs toute proche encore, voulait oublier et croire que la victoire de Lépante mettait un terme à tous ses malheurs, n’est pas pour surprendre », écrit Jacques Heers. Mais, précise-t-il : « Ce Captif n’est entaché d’aucune basse complaisance. L’auteur ne s’abaisse ni aux niaiseries, ni à admirer le Turc et se démarque du tout au tout des auteurs français du moment. Les sévices de Maures sont bien dits et aussi la cruauté sanguinaire du tyran d’Alger. »
Si vous avez la chance de lire l’espagnol - et mieux que ça : le castillan - vous aurez, grâce à cette édition bilingue, le bonheur d’approcher le texte original et de voir quelle langue magnifique écrivait Cervantès.
Mais, plus que tout, on gardera le témoignage de ce XVIe siècle où la Méditerranée, infestée d’esclavagistes musulmans, était devenue un cauchemar pour les chrétiens. On aurait tort de croire que ce que nous raconte Cervantès n’est plus d’actualité...

Le captif

spacer
spacer
img
Edtions de paris | Navigation | Rubriques | Recherche | Haut de page ^